La peine est ce fruit qui nourrit mon esprit
Papa, tu survoles ma conscience endormie.
Perdue au sein de ces cents réalités
Je choisirais celle que tu n’as pas quitté.
Parfois, dans la rue, je crois t’apercevoir
Puis je réfléchis : ce n’est plus qu’illusoire.
Dans ces moments là, je repars vivre ailleurs,
J’adoucis l’horreur dans ma vie de rêveur.
Je t’ai compris trop tard, alors que veux-tu ?
J’étais jeune, sans histoire, était-ce un refus ?
La transparence de ton âme quittant ce corps,
M’a permis de lire en toi, ce fut un tort.
Tu hantes mes songes, je suis devenue folle ;
A l’aube de mes seize ans, ce fut ton envol.
Tu m’as privé de toi, laisse-moi pleurer
Au fond de moi. Rire pour tout dissimuler.
Torturée, sur l’échafaud je vois une corde
Qui me crie à voix basse : « tu devras l’accepter ».
Je refuse ta mort, je me leurre, je l’avoue
Mais si les nerfs me lâchent, je me brise le cou.
{ Ta voix n’est plus qu’un son qui se devine. Victime du temps qui défile, elle ne m’est plus si
familière. Tu es parti ne laissant aucune trace, sauf la douleur qu’a causé ton départ }